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Médiation dimanche 15 décembre
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Culte présidé par Roland Laipe. Texte : Luc 3, 7 à 18
Pour ce troisième dimanche de l’Avent, résonne en nous cette question des auditeurs de Jean Baptiste. Comme faire, comment vivre notre foi dans notre monde? Comment montrer que nous sommes les disciples du Dieu de Jésus Christ ?
L’attente de cette rencontre avec Jésus, le Messie, doit se traduire par des actes, par une vie différente, par des signes tangibles. C’est un vaste programme qui ne connait pas de fin, tant les situations des hommes sont différentes, de l’homme contemporains à Jésus à l’homme du 21 ème siècle.
C’est un programme à vivre dans notre monde, sans attendre de le vivre dans un au-delà, après notre passage sur terre. Car c’est bien dans notre monde que le Messie est venu. Dieu a choisi de se révéler dans notre monde. Le croyant vit dans ce monde et ce monde a été créé par Dieu. C’est dans ce monde qu’il a décidé d’opérer sa réconciliation en Jésus. C’est dans ce monde qu’il espère que nous vivions autrement, que nous vivions sous l’impulsion de sa Parole.
Cette Parole de Dieu, elle n’inspire pas toujours notre vie. Parfois, nous la trouvons trop rude, lorsqu’il s’agit, par exemple, d’aimer nos ennemis, lorsqu’il s’agit de vendre tout ce que l’on possède. Elle paraît trop rude lorsque je vois Jean Baptiste vivre dans le désert, lorsque j’entends ces paroles « Races de vipères! La colère de Dieu va venir et vous croyez que vous pouvez l’éviter? Qui vous a dit cela? Faites donc de bonnes actions pour montrer que vous avez changé votre vie ». v. 7
Elle nous paraît parfois douce, réconfortante, lorsque nous nous sentons aimer, accueillis, dans notre peine, dans notre souffrance.
Elle nous paraît bien faible lorsque nous voudrions que tout change, que tout concours au bien autour de nous et dans notre vie. Elle nous paraît bien faible lorsque nous voyons d’autres hommes vivent sur d’autres bases que la Parole de Dieu.
Elle nous paraît pertinente lorsqu’elle interpelle mon voisin, lorsqu’elle confirme ce que je pense, lorsqu’elle consolide mes projets.
Et je lui résiste, à cette parole, lorsqu’elle se fait trop insistante, lorsqu’elle me remet en question, lorsqu’elle veut me diriger sur un chemin que je n’ai pas choisi.
Comment faire, comment traduire ma soif de Dieu, mon attente de Dieu ?
C’est une question qui traversera tout l’Évangile, depuis l’attente du Messie jusqu’à son passage sur notre terre, et qui se prolongera après son départ vers Dieu le Père.
Jean Baptiste semble dire que cette Parole est constamment et étroitement liée aux activités humaines. Il n’y a pas d’un côté, dans ma vie, une parole qui me serait adressé au moment où je suis dans une situation confortable, une situation de prière, ou à un moment de culte et dans l’autre côté de ma vie, celle où je suis confronté à mon prochain, celle où je vis ma vocation, ma profession, une parole qui deviendrait absente, qui se ferait discrète.
C’est pour cela que dans un message, une prédication, Jean Baptiste évoque trois exemples éthiques (v 10)
Le premier « faire » concerne le partage : partager avec celui qui n’a pas. Partage de la nourriture et du vêtement. Ici, nous n’avons pas un idéal exprimé mais seulement une logique de vie, une logique qui veut que chacun puisse vivre, que chacun puisse se vêtir. Jean Baptiste ne parle pas du partage des richesses, du superflu ou du renoncement à toute richesse mais du minimum vital, de besoins fondamentaux que chacun peut espérer : avoir à manger et se vêtir.
Le second « faire » concernent les collecteurs d’impôts. C’était un des métiers méprisés dans le judaïsme. Ici, Jean baptiste ne demande pas un renoncement à cette profession mais surtout une pratique juste, d’équité. Ce qui montrera qu’ils ont changé devra se traduire concrètement par le renoncement à des pratiques douteuses, frauduleuses, à des abus de pouvoir.
Le troisième « faire » concernent les militaires. Ici encore, ce n’est pas une profession interdite. Jean Baptiste leur demande de bien faire leur métier et de ne pas abuser de leur force, de leurs statuts pour commettre des vols et peut-être bien plus. La reconnaissance de leur statut passe par leur salaire.
Jean Baptiste ne fera pas l’éloge de la non violence, et ne dissuadera pas ces nouveaux convertis de quitter leur métier. Ce n’est pas son propos. Mais il les invitera à témoigner, au cœur de leur métier, d’un autre comportement, d’une autre manière de vivre, qui n’ignore pas les exigences de ces métiers et en même temps, qui respectent les règles d’échanges : l’acquisition d’argent, de biens doit se faire dans les règles de la société.
Ces trois exemples sont à recevoir comme une exhortation personnelle. Chacun est invité à analyser sa vie, sa profession et à se demander ce qu’il peut faire, ce qu’il peut changer pour vivre autrement, pour instaurer un partage plus juste, des relations plus justes.
Oui, Jean Baptiste semble nous dire que l’humain peut traduire, dans ses activités son éloignement ou son rapprochement de Dieu. Dans sa manière de se comporter avec les autres humains, le croyant peut exercer une certaine justice ou être totalement injuste : toute activité humaine, toute relation humaine avec autrui ou avec son environnement peut détruire des relations, peut détruire la confiance que chaque citoyen peut avoir dans une profession. On peut avoir confiance envers les collecteurs d’impôts qui lèvent des impôts pour que les infrastructures du pays se mettent en place, pour qu’un service public s’organise. On peut avoir confiance en une armée qui montre sa puissance, sa force. C’est un gage de stabilité. Mais lorsque les repères sont brouillés, lorsque des abus, des vols s’organisent autour de ces institutions, c’est toute la confiance en ces institutions, et en ces hommes qui la représentent- c’est cette confiance qui s’effondrent.
Si, bien sûr, le croyant a besoin de règles sociétales pour vivre, il agit premièrement parce qu’il a reçu un appel de son Dieu. C’est ce qui marque son identité. Il agit parce qu’il place sa confiance en Dieu, parce qu’il sait que la finalité de la vie, de toute vie, c’est de rechercher à construire des relations les plus harmonieuses possibles entre lui et son Dieu, entre lui et son prochain.
Et dans cette logique, il s’agit donc de partager une Bonne Nouvelle. C’est une Bonne Nouvelle car la vie n’est plus placée sous le signe de la fatalité, sous le signe du rapport de force pour extorquer de l’argent, sous le signe du pouvoir pour demander plus d’impôt.
Toute vie peut devenir le théâtre de changement, de comportements nouveaux, où chacun vivra dans la confiance, où chacun ne se demandera pas ce qu’il mangera demain matin, où chacun ne se demandera pas de quoi il sera vêtu demain matin.
En ce temps de l’Avent, nous sommes appelés à partager cette Bonne Nouvelle. Ne nous trompons pas de message.
Jean Baptiste voyait le jugement de Dieu fondre sur les êtres humains, avec violence et en Jésus Christ, c’est un verdict d’Amour et de Paix qui est rendu au nom de Dieu.
Examinons nos vies, élargissons nos vies à la dimension de l’amour de Dieu, de sa présence. Confiant et assuré que notre Seigneur nous accompagne, usons d’audace pour être, à notre tour, porteurs de Paix, d’Amour et de Justice.
Amen